J’aime regarder les filles…

S’effacer.
S’estomper.
Disparaitre.
Reste le souvenir.

S’effacer.

S’estomper.

Disparaitre.

Reste le souvenir.

I <3 U
Comme une brouette inutile. Vide. En attente. Bien rangée.

I <3 U

Comme une brouette inutile. Vide. En attente. Bien rangée.

Linceul urbain.
L&#8217;un seul, l&#8217;autre à la fenêtre.

Linceul urbain.

L’un seul, l’autre à la fenêtre.

Croix de bois
Croix de fer
Si je mens&#8230;

Croix de bois

Croix de fer

Si je mens…

twitterlebowski:

La voix de @i_trema_a a numériquement muté dans ma tête. C’est malin.

Peu importe la destination, seuls les départs donnent le frisson.
Les malles à l&#8217;arrivée seront identiques.

Peu importe la destination, seuls les départs donnent le frisson.

Les malles à l’arrivée seront identiques.

Le plein de solitude.

Le plein de solitude.

Dos à la mer.
Bancales. 
Nos yeux en horizons nous nous sommes perdus. 
L&#8217;oubli à fait place à l&#8217;attente.
Il reste des traces, à peine.

Dos à la mer.

Bancales. 

Nos yeux en horizons nous nous sommes perdus. 

L’oubli à fait place à l’attente.

Il reste des traces, à peine.

Dis Mémé…

Dis Mémé, tu dors ? Non parce que tu sais il faut qu’on cause toutes les deux.

Tu te souviens, tu m’avais dit une fois il y a longtemps : « tu es trop jeune ma petite, je te conterai cette histoire un jour… »

Bon je crois que c’est le moment. Je ne suis plus jeune tu sais, je suis même maman à mon tour… Non non pas encore mémé. Alors tu me le dis maintenant ?

Dis Mémé, t’endors pas hein ?

Je t’écoute. Je t’attends.

Mais si c’était un jour tu avais encore perdu tes mouchoirs, ceux que tu cachais dans la manche de ton gilet, mais si souviens toi…

Seule au milieu du salon, le regard ailleurs la goutte au nez tu avais crié : « Ma petite viens ici ! Viens !  Mémé cherche ses mouchoirs ! Ils sont où encore ? »

-Dans ta manche Mémé comme d’habitude.

-Mais non mais non mon enfant, je ne les trouve pas. 

Alors j’avais passé ma main, doucement entre ton tricot de peau et ton gilet, j’avais farfouillé entre les plis d’étoffes, j’avais sondé les entrailles du tissu pour tomber enfin sur un trésor bien caché sous ton aisselle… Un petit bout de dentelle jauni, tout froissé, tout rabougri, un petit bout de rien du tout que tu tenais au plus près de ton corps.

-Tu vois Mémé, il est là ton mouchoir regarde ! 

-Non ma fille ceci n’est pas un mouchoir. 

Et de ta main d’habitude si faible tu repris prestement ce petit tissu insignifiant et le fis disparaître au creux de ton cœur.

-C’est quoi Mémé ? 

-C’est de la dentelle… 

-Et bien ça doit être un peu comme un trésor cette dentelle pour que tu la caches si loin dans tes plis !

-Oui ma petite c’est un trésor aussi précieux que tes yeux, c’est le plus beau des cadeaux …

Et puis tu t’étais perdue ailleurs, loin, si loin que tu n’entendais plus mes supplications pour en savoir plus sur ce petit carré magique.

D’un geste las, tu m’avais éconduite en disant : « Plus tard quand tu seras plus grande… Je te conterai cette Histoire. »

Chaque fois que je te voyais, chaque fois que tu me récitais encore et encore « Le corbeau et le renard », chaque fois à la fin, je te demandais « dis Mémé, je suis grande maintenant, tu me racontes l’histoire de la dentelle ? » et chaque fois ton regard se voilant de plus en plus tu m’opposais un refus catégorique.  

Et puis un jour à 99 ans tu es partie Mémé. Partie pour de bon. J’étais grande et j’avais oublié cette histoire de dentelle. J’étais grande et les histoires de ma Mémé restaient cachées au fond de mon cœur.

Je n’ai jamais réussi à jeter un livre. Même le pire des Arlequins, même un livre en double et je sais pourquoi maintenant.  Parce que cette Mémé elle avait planqué son bout de dentelle dedans. Et elle savait qu’un jour, je le retrouverais.

Alors tu vois Mémé c’est bon, je l’ai ton trésor.

Je le garde précieusement. Et puis du coup je lui parle un peu. C’est un peu de toi.

Dis Mémé, tu dors ?

Allez viens raconte- moi l’histoire de cette dentelle… Je suis grande maintenant.